A ré-écouter, le podcast de france inter du 18 novembre dernier, sur la méthanisation. Danger ! il faut laisser à la terre sa vocation nourricière d'hommes, pas de méthaniseurs....

La méthanisation pour les nuls

Comment est valorisé le digestat provenant de la méthanisation ?

La valorisation agronomique du digestat dépend de plusieurs facteurs liés notamment à sa qualité :

  • La nature des déchets traités, notamment lorsqu’il s’agit de déchets ménagers ;
  • L’efficacité des collectes sélectives : soit pour sélectionner les déchets fermentescibles, soit celles visant à écarter les « indésirables » pour la méthanisation : emballages à destiner au recyclage, et déchets spéciaux à un traitement dédié ;
  • L’efficacité des tris complémentaires en usine : l’affinage du digestat humide étant particulièrement délicat, il est préférable d’introduire un déchet sans indésirables dans le digesteur (risque de colmatage). Après une éventuelle phase de maturation par compostage, les caractéristiques agronomiques et les paramètres d’innocuité du digestat sont généralement proches de celles d’un compost (ayant suivi uniquement un compostage aérobie).

Quels sont les avantages de la méthanisation ?

Selon l'ADEME, la méthanisation présente de nombreux avantages :

  • Une double valorisation de la matière organique et de l’énergie ; 
  • Une diminution de la quantité de déchets organiques à traiter et par définiation, un allègement des coûts des autres filières de traitement des déchets ;
  • Une diminution des émissions de gaz à effet de serre par substitution de l’utilisation des énergies fossiles ;
  • Un traitement possible des déchets organiques graisseux ou très humides, non compostables en l'état ;
  • Une limitation des émissions d’odeurs du fait de digesteur hermétique et de bâtiment clos équipé de traitement d’air.

Quels sont les inconvénients de la méthanisation ?

Le choix de la méthanisation nécessite l'attention des points suivants :

  • Les déchets entrants doivent être disponibles sur la durée afin de créer une filière rentable et pérenne ;
  • La valorisation énergétique possible du biogaz doit être utilisée préférentiellement sur site, en local, en cas de cogénération. En effet, l'injection dans le réseau de gaz naturel peut être compliquée ou impossible ;
  • L’incinération et/ou le stockage des déchets non dangereux pour les fractions de déchets non organiques ne pouvant pas être méthanisées doit être pris en compte ;
  • Le compostage pour traiter les déchets ligneux mal adaptés à la méthanisation doit être envisagé, ainsi que la mise en place d’un traitement des excédents hydriques du process pour les grosses installations ;
  • L'utilisation du digestat peut conduire à une réelle substitution énergétique et à une valorisation agronomique.
  • Le gaz créé par la méthanisation est dangereux: c'est un gaz explosif, corrosif et toxique (en raison de la présence d' H2S).

  • Un minimum de précaution doit être pris pour éviter la dégradation rapide des matériaux et les risques potentiels pour les riverains et le personnel, si ces précautions sont respectées, l'installation ne présente aucun risque :

    -Éviter tout appareil électriques près du digesteur,

    -Surveillance des fuites,

    -L'utilisation de matériaux non corrosifs.

  • Le problème est également la place ! Il faut environ 1000m3 pour stocker l'équivalent d'environ 700 litres de fioul. Le stockage sous pression permettrait de réduire ce volume, malheureusement, cette compression est coûteuse et consomme de l'énergie. Cette option ne concerne donc que les installations très importantes. Le gaz doit et est directement consommé après sa création dans le digesteur car il est difficile à stocker à cause de sa place et de sa dangerosité.

  • Le digesteur doit être maintenu à une température avoisinant les 37°C(les bactéries travaillent à la même température que le corps humain pour se développer) : dans le cas contraire, la digestion est grandement ralentie (elle peut passer d'une durée avoisinant de 1 mois, à 6 mois), Une partie du biogaz crée (environ 20 à 30%) est utilisée pour maintenir cette température à 37°C.
  • Le biogaz est malodorant, à cause du souffre H2S qui le compose (Le souffre est connu pour son odeur d'oeuf pourri). L'odeur n'est bien sûr gênante qu'en cas de fuite dans l'installation, il existe pour cela des PPRT (Plan de Prévention des Risques Technologiques). Quand les sites sont à proximité d'habitations, les riverains s'en plaignent.
  • Enfin ces installations comportent parfois des fuites qui laisseraient échapper jusqu'à 10 % de la production du site. Le méthane étant un gaz à effet de serre, les fuites pourrait faire baisser voir annuler le bénéfice de ce procédé.
  • Malgré les aides de l'UE et de l'Etat (de 10 % à 50 % de l'investissement), le prix d'une installation reste élevé, il faut compter 5 000 € par kWe.
  • Il y a aussi potentiellement des dérives.  Le site Reporterre, le quotidien de l'écologie, explique que la méthanisation est une source nouvelle de revenus pour les agriculteurs. L’inquiétude, c'est que des cultures soient spécialement dédiées à ça. On ne produirait plus alors certaines parcelles pour nourrir les animaux, mais seulement pour alimenter la machine.

     

  • L’enquête Reporterre
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